Lotror

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Yoann
Maître Guildien
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Lotror

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Il se trouve dans les Terres Sauvages au sud du Mont Solitaire une prairie à l’orée d’un bois. Cette prairie se situe à égale distance des cités de Dale et Esgaroth. Lorsqu’un voyageur s’engage sur ces sentiers c’est souvent le hasard qui l’y a conduit. Il faut voir les couleurs lorsque le soleil se couche sur cette pente herbeuse ondulant avec la brise. La silhouette de l’antre du terrifiant Smaug se découpe alors au lointain, sur le ciel. Le orange le dispute avec le pourpre et le cuivre embrasant l’horizon, semblant rappeler qu’il y a des années le feu du dragon brûlait encore. En approchant des bois le visiteur apercevra niché au creux du petit vallon un ensemble de quelques bâtiments. Un édifice tout en longueur est au centre entouré par quelques petites maisons en pierre. À l’écart un enclos et une grange servant probablement d’étable complète l’ensemble. La construction est de facture bardides. Au milieu de la cour une fontaine laisse entendre le doux bruit d’une eau provenant d’une source invisible. De ce lieu se dégage une plénitude et un calme rassurant, bien éloigné de l’angoisse qui peut souvent étreindre le coeur du voyageur fatigué sur les chemins des Terres Sauvages.
Un matin, un homme appuyé sur son grand bâton observait ce vallon dans la lumière du soleil pas encore arrivé à son zénith. Brusquement il reprit sa marche, descendant d’un bon pas vers les bâtiments. Cet homme était grand, il portait un grand chapeau pointu bleu, un manteau gris et de solides bottes noires faites pour les longs voyages. Son écharpe argentée battait ses flancs alors que sa longue barbe grise, bien fournie s’animait au rythme des pas de son propriétaire. Alors qu’il s’arrêtait près de la fontaine pour s’y rafraîchir la porte de la maison principale s’ouvrit et une voix dans l’ombre de l’ouverture accueillie le nouveau venu :
“ - Cela faisait longtemps que le Pèlerin Gris n’avait pas croisé ma route ! Dois-je m’en réjouir ou m’en inquiéter ?
- Vous en réjouir évidemment ! Surtout quand un vieil ami se présente avec une bonne herbe à pipe de la Comté.
A ces mots une silhouette sorti sur le pas de sa porte. C’était un homme de petite taille la barbe grisonnante plus courte que son interlocuteur, des yeux d’un bleu glacial. Il portait des vêtements ocres et s’appuyait lui aussi sur un bâton.
- Gandalf ! Vous voir réjouis mon coeur !
- Vieille canaille, c’est mon herbe à pipe qui vous réjouis. Approchez mon ami et donnons nous l’accolade.
Les deux hommes s’étreignirent et s’assirent sur la margelle de la fontaine en pierre de granit.
- Alors Gandalf qu’elles sont les nouvelles du monde ? Vous veniez vérifier que Smaug est bien mort ? La dernière fois que nous nous sommes vu la bataille des cinq armées venaient de se terminer.
- Cinq années passées sur les routes. Je suis passé par Dale et Esgaroth, Bard et les hommes du lac ont fait du bel ouvrage, la vie anime de nouveau ces lieux.
- Qu’en est-il de votre ami hobbit ?
- Je l’ai raccompagné dans son foyer. Figurez-vous que Bilbo s’est mis en tête de conter ses aventures dans un livre.
- C’est sans doute à cette occasion que vous avez fait des réserves d’herbes à pipe…
Gandalf sourit de toutes ses dents et sort un petit paquet en cuir ainsi qu’une pipe longue. Son interlocuteur sort sa propre pipe et les deux hommes se mettent à fumer dans un silence ponctué par le chant des oiseaux et le ruissellement de la fontaine, en regardant les herbes hautes ondulant sous les assauts d’un vent léger. L’homme au manteau gris repris la parole entre deux bouffées :
- Lortror, pourquoi vous installer ici ?
- Le vieux grincheux que je suis recherchais sans doute un peu de quiétude Gandalf. En outre les couchés de soleil sont magnifiques ici.
Gandalf secoué par un rire silencieux ne répondis pas. Il exhala de la fumée et celle-ci pris la forme d’un aigle s’envolant dans les cieux. Lotror lui aussi forma un aigle qui pris le même chemin que son compagnon. Il soupira et dit d’une voix douce :
- Les ombres grandissent.
Gandalf plissa les yeux :
- Oui. Ainsi vous l’avez senti vous aussi. Vous n’êtes pas homme à vous cacher Lotror. Votre installation en ces lieux a un but précis n’est-ce pas ?
- En effet. Les années qui viennent seront sombres, je le gage. Je veux être un refuge pour ceux qui lutteront à leur manière contre les ténèbres. J’attends en ces lieux que se présentent à ma porte des hommes et des femmes qui se battront parfois sans en avoir conscience contre le mal qui grandit tapis dans les Terres Sauvages. Ici ils trouveront le repos lorsque cela s’avérera nécessaire et de l’aide si je peux leur apporter.
- C’est une noble tâche qui vous attend mon ami. Je ne peux qu’abonder dans votre sens et vous encourager dans la mission que vous vous êtes assignée.
Se levant, Gandalf se tourna une dernière fois vers Lotror :
- Je m’en vais heureux de vous savoir toujours aussi combatif. Nous nous reverrons mon ami. Nous nous reverrons.
Lortror regarde s’éloigner son ami. Il reste jusqu’au soir perdu dans ses pensées les yeux tournés vers le haut du vallon attendant que la silhouette d’un aventurier se présente. La guerre contre l’Ombre commence.
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